Mais au final qui suis je vraiment… et à qui avez-vous affaire ?
Et bien je suis une merveilleuse DYSLEXIQUE !
On peut dire une pure et dure… une vraie de vraie… qui ne fait pas semblant, enfant j’explorais la vie, j’étais curieuse, infatigable, une « CATASTOPHE » comme aimait dire mon Grand-Père Gustave en rigolant…
L’école primaire, l’arrivée au CP…
Assez rapidement après cette si attendue rentrée, ma maitresse convoque mes parents car j’étais trop lente, j’écrivais pas comme il fallait… alors sur ses conseils mes parents prennent rendez-vous chez une orthophoniste, bien oui lecture et l’écriture c’était compliqué… Alors un bilan s’est imposé.
Résultat du bilan :
Votre fille est « DYSLEXIQUE »
Mais quel « MOT » incroyable, j’ai même pensé que j’avais eu 10/10 en entendant DIS !
Puis elle continue… « elle a juste le cerveau à l’envers, avec un peu de rééducation on va lui remettre à l’endroit…. ». Là j’avais compris que ca allait se compliquer pour moi…
C’est bien plus tard, riche de l’expérience d’une personne DYS ayant exploré toutes les stratégies d’apprentissage imaginables, que je comprends pourquoi rien ne fonctionnait.
Aucun sens n’était vraiment expliqué, ou devrais-je dire, conté avec amour de la langue, lorsqu’on nous apprenait à lire ou à écrire.
Pour un.e DYS, la différence entre « à » et « a », « mots » et « maux », « dix » et « dys », « ses », « ces » et « c’est » reste longtemps un mystère. Ces subtilités ne s’ancrent que tardivement dans notre esprit, car un DYS a besoin de temps pour intégrer toutes les nuances du monde qui l’entoure.
Nous nous attachons aux détails, à la forme, aux diverses possibilités. Nous avons besoin d’expérimentation, de mises en situation concrètes. Incapables d’apprendre par cœur ou de simplement restituer, nous cherchons à comprendre en profondeur.
Alors, on nous étiquette de lents, rêveurs, insolents. On nous accuse de ne pas écouter ou de ne pas faire l’effort de comprendre, de ne pas assez travailler, mais, on réussit quand même à nous mettre en lumière, oui, dans le triste « Top 10 » des mauvais élèves, en nous sacrant « Champions de la dernière place ».
Et après tout ça, on dit aux parents « On a tout fait pour l’aider ». Oui, c’est vrai, vous êtes allés au « BOUT du BOUH »…
Un Dys vit un véritable « ENFER » durant toute sa scolarité sans échappatoire possible, car l’école est OBLIGATOIRE.
Pas de fuite, chaque jour il faut y retourner, dans cette prison, cet abattoir. Notre seul refuge dans cette incompréhension indescriptible et incompréhensible de l’extérieur, c’est de nous plonger dans notre imaginaire. C’est le seul lieu plaisant et rassurant dans cet environnement trop hostile pour ces petits apprentis de la vie aux yeux pleins d’étoiles, mais au cœur lourd de tristesse.
Je vous rassure, j’ai eu de bons professeurs, des passionnés, qui aimaient qu’on pose des questions, qui aimaient voir notre intelligence, jouer avec notre curiosité, notre vision du monde et sa compréhension…
L’histoire semblait se répéter, car mes deux garçons sont aussi DYS. Je ne voulais pas qu’ils vivent ce que j’ai traversé durant ma scolarité.
Comme tant d’autres parents, j’ai cherché des solutions. Malgré les avancées dans la compréhension des DYS, le système scolaire n’a pas changé ses méthodes, laissant ces élèves en grande souffrance.
C’est alors que je suis tombé sur un article « Béatrice Sauvageot, l’orthophoniste qui révolutionne l’approche de la dyslexie », une orthophoniste pas comme les autres et elle est sur Paris. J’ai décidé d’y aller, et cela a marqué le début d’une belle aventure.
Nous avons participé à des stages ensemble, car elle rééduque les enfants, les adolescents et les adultes en groupe, favorisant ainsi des progrès plus rapides.
Une aventure extraordinaire s’est ouverte en janvier 2022 lorsque j’ai rejoint l’équipe de l’association Puissance Dys en tant que professeure de yoga.
Ma mission enseigner le yoga mais « Le YOGA guidé par une DYS avec et pour les DYS… »
Les sessions se sont d’abord tenues à Paris, puis ont évolué vers des immersions d’une semaine au CREPS PACA à Antibes jusqu’en juillet 2023.
Chaque matin, nous nous retrouvions pour une heure de yoga, répartis en trois groupes : enfants, adolescents/adultes, et parents.
Cette pratique matinale insufflait une énergie positive pour la journée à venir.
L’après-midi, notre exploration s’approfondissait. Aux côtés de Béa, des orthophonistes Sylvie et Valéry, et de notre professeure de chant Éléonore, nous nous lancions dans une aventure sensorielle complète.
La respiration et les postures de yoga effectuées le matin, se mêlaient à l’exploration des mots, des phrases et des sons, le tout incarné dans l’espace par nos corps en mouvement l’après midi.
Cette approche particulière de Béatrice SAUVAGEOT repose sur l’éveil des sens et redonne du plaisir à l’apprentissage de l’écrit. Elle met en lumière les talents et les forces des personnes DYS, plutôt que de se concentrer uniquement sur leurs difficultés.
La rééducation en groupe, offre un espace où chacun peut se sentir compris et soutenu. Les participants ne se sentent plus seuls face à leurs défis, ce qui renforce leur estime de soi et leur motivation. Ensemble, ils apprennent, partagent et progressent, créant une dynamique positive qui accélère les résultats.
Elle transforme la perception de soi en valorisant les différences et en insufflant confiance et joie, elle ouvre des chemins nouveaux pour ces esprits atypiques, leur permettant d’explorer tout leur potentiel avec sérénité.
Quand nous, les DYS sommes ensemble, on se sent vraiment en sécurité. Les difficultés ? Elles s’envolent ! On s’entraide naturellement, c’est naturel. On aime se tromper, car se tromper c’est comprendre et c’est trouver une solution, la solution du moment, c’est apprendre de la bonne façon ! On explore des choses différentes, dans toutes les dimensions. On apprend à utiliser tous nos sens, et ça ne s’arrête jamais. C’est génial !
On est dans notre élément, libres d’être qui on est vraiment. C’est un peu comme si on vivait dans un monde sans limites…